Le blog de Raphaël Mahaim

La musique sacrifiée sur l’autel électoral

La musique sacrifiée sur l’autel électoral

par | Déc 20, 2016 | Institutions, Musique, Qualité de vie, Travail | 0 commentaires

La défaite fait partie du débat démocratique. Il faut parfois reconnaître être dans la minorité. Et trouver des moyens de faire progresser ses idées, patiemment et intelligemment, dans le respect de la diversité des opinions. Les Verts, que l’on raillait il y a 30 ans lorsqu’ils réclamaient des énergies renouvelables sans nucléaire, en savent quelque chose (opinion publiée dans 24 heures en décembre 2016).

Mais il y a des défaites politiques plus difficiles à admettre, lorsque le combat ne s’est pas déroulé « à la loyale ». Les votes récents d’une très courte majorité du Grand Conseil à propos des écoles de musique en font partie.

Le canton s’est doté en 2011 d’une loi sur les écoles de musique. Un large consensus s’est formé autour de l’idée que les écoles de musique, allant des fanfares aux conservatoires, méritaient un soutien structuré et pérenne. D’âpres négociations ont eu lieu entre tous les partenaires, y compris les communes, que l’ont peut d’ailleurs remercier pour leur contribution au financement d’une politique cantonale. La montée en puissance du soutien financier a été discutée dans ses moindres détails : il devait être déployé par paliers annuels de 2012 à 2018.

Voilà qu’en 2016, à la suprise générale, le Département des finances soulève un prétendu problème d’interprétation de la loi et demande pour 2017 un gel de la montée en puissance du soutien financier. Le texte de la loi et l’accord trouvé entre tous les partenaires étaient pourtant parfaitement clairs. Certaines communes avaient d’ailleurs déjà prévu dans leur budget le montant en question et les écoles de musique avaient établi leur planification financière sur cette base.

Dans un premier temps, la majorité du Grand Conseil tient bon. Par le truchement de différents votes, le sujet est toutefois artificiellement lié à la discussion budgétaire 2017. C’est alors que les partis majoritaires au Parlement décident de montrer leurs muscles. Ils en font un enjeu pour l’alliance de droite aux prochaines élections cantonales : ceux qui veulent marcher aux côtés des trois Conseillers d’Etat PLR sortants sont sommés de s’aligner. La menace est principalement adressée aux Vert’libéraux, qui ne tardent pas à tourner casaque pour faire allégeance.

Ce n’est pas tant l’alliance électorale qui pose problème. Cela fait partie de notre système politique. Ce qui est choquant, c’est que cette alliance se joue sur le dos d’un dossier, pris en otage pour l’occasion. La cuisine électorale l’a emporté, au détriment des engagements inscrits dans une loi et négociés par tous les partenaires impliqués.

Malgré cette vilaine fausse note, il subsiste des raisons d’être optimiste : en 2018, la loi sera pleinement mise en oeuvre. L’enseignement de la musique aura enfin, après des années d’attente, la place qu’il mérite.

 

 

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Hommage à un géant de la politique : merci Daniel !

Lorsque tu t’es fait élire au Conseil national comme premier écologiste dans un Parlement national en 1979, je n’étais pas encore né ; lorsque tu t’es fait élire à la Syndicature de Lausanne en 2001, je n’étais pas majeur ; lorsque tu t’es fait brillamment (ré)élire à la Syndicature en 2006, j’étais à peine membre des Verts ; lorsque tu avais fait ta célèbre micro-sieste durant une séance du Grand Conseil vaudois en 2012, j’étais en train de m’exprimer à la tribune comme jeune député…

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