Le blog de Raphaël Mahaim

La frénésie productiviste et le problème du Centre patronal

La frénésie productiviste et le problème du Centre patronal

par | Juin 17, 2020 | démocratie, Economie verte, Générations futures, Nature, Qualité de vie, Travail | 0 commentaires

Dans l’un des derniers bulletins d’information du Centre Patronal, daté du 15 avril et intitulé «Vers une stratégie de sortie de crise», on découvre ce passage stupéfiant, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre: «Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses: beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation (publié dans 24 heures le 19 mai 2020).»

Comme employeur d’une petite PME, je me sens à mille lieues de cette position. J’ai été, comme beaucoup d’indépendants, frappé directement par l’arrêt brutal de l’économie, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut raconter n’importe quoi sur sa reprise et sur ce que l’on désire pour les générations à venir.

N’attendons pas la prochaine pandémie et ses conséquences dramatiques pour nous interroger sur le modèle productiviste dominant. Quand on voit que les premières études révèlent qu’en Chine, la diminution de la pollution atmosphérique due au confinement a très certainement sauvé encore plus de vies que le Covid-19 n’en a prises, on se dit qu’il y a tout de même un sérieux problème à régler. L’humanité doit avoir les ressources pour le faire sans attendre un confinement forcé qui amène, pour beaucoup d’entre nous, précarité, tristesse et privations de liberté.

Les détenteurs de voitures qui ne veulent pas soutenir le lobbying routier du Touring Club Suisse (TCS) peuvent recourir au service de dépannage ou d’assurance de l’Association transports et environnement (ATE); les propriétaires qui ne se reconnaissent pas dans les positions des chambres immobilières, rarement connues pour leur bienveillance envers les locataires, peuvent solliciter l’association Habitat Durable; ceux qui ont quelques sous à placer peuvent aller à la Banque Alternative plutôt que dans les grandes banques, dont l’amour pour les investissements dans le carbone n’est plus à démontrer.

À quand une association représentant les PME qui défende une vision responsable et progressiste de l’avenir commun? Qui arrête de cirer les pompes de l’industrie du carbone et se tourne vers les sources d’énergie alternatives? Qui favorise la production et la consommation locales et non les grands groupes globalisés? Qui promeuve l’accession des femmes aux postes à responsabilité (la direction du Centre Patronal comporte 7 hommes pour 0 femme)? Qui s’engage pour une politique familiale digne de ce nom, à l’heure où la Suisse fait figure de bon dernier de classe en matière de congé parental?

À l’heure où les plans de relance vont soulever des questions cruciales pour l’humanité et la planète, il est impératif de ne pas laisser le Centre Patronal et ses alliés parler au nom de l’économie. Nous nous devons de défendre avec force un autre message, pour que l’avenir ne soit pas façonné avec les recettes du passé.

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Hommage à un géant de la politique : merci Daniel !

Lorsque tu t’es fait élire au Conseil national comme premier écologiste dans un Parlement national en 1979, je n’étais pas encore né ; lorsque tu t’es fait élire à la Syndicature de Lausanne en 2001, je n’étais pas majeur ; lorsque tu t’es fait brillamment (ré)élire à la Syndicature en 2006, j’étais à peine membre des Verts ; lorsque tu avais fait ta célèbre micro-sieste durant une séance du Grand Conseil vaudois en 2012, j’étais en train de m’exprimer à la tribune comme jeune député…

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