Le blog de Raphaël Mahaim

Infrarouge sur l’Europe: les états d’âme du lendemain

Infrarouge sur l’Europe: les états d’âme du lendemain

par | Déc 6, 2012 | démocratie, Europe | 5 commentaires

Flag_of_Europe.svgQuelques sentiments et états d’âme sur le vif, ce matin, en se réveillant après le débat d’Infrarouge de hier soir sur l’Europe:

1) Lassé d’entendre depuis 20 ans les mêmes phrases, la même rhétorique manichéenne, de Christoph B. version « Les bons suisses versus les méchants Européens ». Le disque est rayé.
2) Fâché que le même Christoph B. ait été entarté après l’émission dans le hall de l’entrée; l’auteur de cette idiotie n’est qu’un imbécile qui fait de Blocher un martyr et insulte les fondements de notre démocratie basée sur le débat d’idées.
3) Terriblement frustré d’avoir à peine pu en placer une en entrant à 5 minutes de la fin du débat, mais néanmoins conscient que l’autre jeune « alibi » a encore moins eu voix au chapitre.
4) Un peu agaçé par cette manière de « donner la parole à la jeunesse », qui sonne comme une opération marketing alibi.
5) Pas emballé par le format de ce débat qui laissait bien peu de place à la nuance dans l’argumentation et au développement d’idées sortant de l’ordinaire (7 personnes pour 45 minutes = quadrature du cercle).
6) Conforté dans l’idée que Christian Lüscher ne fait pas partie des politiciens les plus affables que la République du bout du Lac connaisse.
7) Surpris en bien de la dernière tirade de François Longchamp, subitement frappé par un réflexe républicain assez typique de cette même République.
8) Particulièrement énervé par l’argument, récurrent dans le discous ambiant, selon lequel l’Union européenne est responsable des malheurs espagnol, portugais ou grec.
9) Intimement convaincu que les politiques néolibérales, notamment dans la crise grecque, menées actuellement par l’Union européenne sous l’égide de la commission Barroso, contribuent très largement au désamour de l’Europe au sein des populations européennes. L’Europe n’a jamais convaincu les tenants d’un nationalisme d’arrière-garde; mais elle est maintenant en passe de perdre aussi certains de ses soutiens progressistes.
10) Tout autant convaincu que tirer sur l’Union européenne en tant que projet institutionnel supranational est une erreur de raisonnement; il faut s’en prendre aux politiques européennes et aux majorités qui les dessinent, non au projet lui-même.
11) Conscient que plaider pour un rapprochement avec l’Union européenne revient aujourd’hui à prêcher dans le désert. Mais il faut parfois savoir affronter la traversée du désert, même si elle est longue…
12) Au final toujours très reconnaissant d’avoir la chance de participer à de tels débats, moments intenses de démocratie. Le moment le plus savoureux, à mon goût: les retrouvailles de Calmy-Rey et Blocher dans la loge, avant les débats, leurs échanges de souvenirs et leurs avis acerbes sur le fonctionnement actuel du Conseil fédéral…

5 Commentaires

  1. Lionel

    Sans avoir vu le débat, je peux partager la majorité de tes pensées.
    Vu le bruit qu’il fait et le mauvais goût qu’il a, ça ne m’étonne pas que Blocher soit entartré. Et qu’il se fasse entarter, c’est tout aussi de mauvais goût 😉

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  2. Ralph Kundig

    Bravo pour la une placée en même pas 5m: elle était déjà pas mal !
    A part ça, les débats d’infrarouge ne valent rarement le temps qu’on leur accorde. Au lieu de s’intéresser aux véritables questions que pose notre système économique moribond, ils ne traitent que des habituels banalités qui font la unes des journaux avec ses habituels intervenants. Une routine confortable qui nous berce, qui nous endort et qui, un peu comme la fête qui continue dans les salons du Titanic, nous maintient loin de l’action urgente que nous impose la crise mondiale et les nécessaires changements de société…
    Quand à la rencontre amicale entre les deux ex-conseillers fédéraux, c’est tout naturel. En dehors des feux des projecteurs et de leurs divergences idéologiques, ils partagent la complicité de deux bons vieux professionnels dans la même spécialité. Fraternisation somme toute courante en politique et peut-être aussi, un peu rassurante 🙂

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  3. peterlierr

    Toujours aussi agréable de vous écouter et de vous lire M.Mahaim. Vous êtes un brillant jeune homme, j’espère que vous irez loin en politique. Un point fondamental du débat, qui a été à peine effleuré, ce sont toutes les questions qui ont trait à la fiscalité, et en premier lieu, le secret bancaire, dont les effets sont particulièrement néfastes en cette période de crise que connaît actuellement l’Union européenne. Ce principe, qui fait honte à la Suisse mais qui contribue encore largement à sa prospérité, est selon moi la raison principale pour laquelle l’UDC s’est battue et se battra encore à l’avenir pour ne pas entrer dans l’UE.

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  4. Raphaël

    Merci pour vos commentaires sympathiques et encourageants, peterlierr et Ralph Kundig! Je suis entièrement d’accord avec vous, tant sur le format de l’émission infrarouge que sur les questions liées au secret bancaire… Il reste du chemin à parcourir. A bientôt.

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  5. Christophe Schriber

    Je n’ai pas grand-chose à rajouter si ce n’est mes félicitations. Je trouve que tu t’es très bien défendu, et que tu as été très convaincant, chapeau!
    Et Longchamp a été magnifique aussi! d’autant plus qu’il a monopolisé la parole pendant 5 minutes à la fin et sa tirade fait chaud au coeur.
    Ce qui me rassure, c’est que des types comme Lüscher soient contre en pensant avoir raison, quand on voit les échecs dus à son sens politique de ces dernières années quand il prône des listes communes avec l’UDC alors que celui qui gagne haut-la-main c’est Maudet qui tire à boulets rouges sur l’UDC, eh bien je me dis que l’adhésion s’avérera sûrement la bonne voie;-)
    J’ai pondu une réponse à Poncet dans L’Hebdo, en espérant qu’ils la publieront.
    A bientôt.
    Christophe

    Réponse

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Hommage à un géant de la politique : merci Daniel !

Lorsque tu t’es fait élire au Conseil national comme premier écologiste dans un Parlement national en 1979, je n’étais pas encore né ; lorsque tu t’es fait élire à la Syndicature de Lausanne en 2001, je n’étais pas majeur ; lorsque tu t’es fait brillamment (ré)élire à la Syndicature en 2006, j’étais à peine membre des Verts ; lorsque tu avais fait ta célèbre micro-sieste durant une séance du Grand Conseil vaudois en 2012, j’étais en train de m’exprimer à la tribune comme jeune député…

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